Faisant partie des principaux événements marqueurs de la vie, le système de retraite avec son déséquilibre actuel, n’a cessé d’être parmi les premières occupations des derniers gouvernements successifs mais aussi du simple citoyen français estimant ayant droit aux bénéfices de ce système. En effet, le principe de répartition tant défendu pour illustrer une solidarité intergénérationnelle, serait aujourd’hui l’une des premières causes du déséquilibre financier de la branche vieillesse de la sécurité sociale. En 2006, le nombre de cotisants pour 100 retraités était de 182. En raison du vieillissement de la population et l’arrivée des générations des baby-boomers à l’âge de la retraite, l’équation ne compterait plus à l’horizon 2050 que 121 actifs pour 100 retraités. La situation actuelle ainsi que les projections futures assez alarmistes ont poussé le pouvoir public à engager une première réforme, à savoir la réforme 2003, dite la « Loi Fillon ».
Cette réforme, qualifiée aussi de contre-réforme pour ceux qui la considèrent telle une perte de droits déjà acquis, s’articule principalement autour de certains axes majeurs qui sont : l’augmentation du temps de cotisation, la réforme des régimes spéciaux qui restent aux mains des partenaires sociaux, l’introduction d’une surcote pour les travailleurs au-delà des 60 ans, encourager le cumul emploi et retraite et la retraite progressive, le rachat de trimestres au titre des études, le mode de calcul des retraites mais aussi introduire un minimum vieillesse pour les personnes n’ayant pas ou peu cotisé. En outre, la réforme engagée en 2003 a mis l’emploi des seniors au cœur de la problématique des retraites. Par ailleurs, le calendrier de la réforme Fillon est scindé en deux phases. La première s’étend de 2003 à 2008 et vise à aligner progressivement les durées d’assurances (cotisations) requises pour un taux plein dans le régime général et les régimes de la fonction publique et ce, hors autres régimes spéciaux (SNCF, Banque de France,….). A partir de 2009 et jusqu’à 2012, la durée d’assurance actuellement à 40 ans, soit 160 trimestres, doit passer progressivement à 41 ans, soit 164 trimestres, et ce à raison d’un trimestre par an.
Afin de mieux comprendre la problématique actuelle, il y a lieu à illustrer les mécanismes actuels qui assurent le fonctionnement de la branche vieillesse de la sécurité sociale. Le système de retraite français comporte trois niveaux, à savoir les régimes de base obligatoires, les régimes de retraite complémentaire aussi obligatoires et enfin une épargne retraite collective ou individuelle. Concernant les régimes de base, ils sont assurés par le régime général de la sécurité sociale, les assurances sociales agricoles et/ou la sécurité sociale minière. Les régimes de retraite complémentaire qui assurent en valeur et dans la plus part des cas l’essentiel de la pension de retraite, ils sont sous les commandes des partenaires sociaux. D’ailleurs et en matière de réformes engagées en 2003, les partenaires sociaux ont fixé la date du 31 décembre 2008 comme date buttoir et ce, tout en sachant que les régimes complémentaires notamment Agirc et Arrco subiront par « effet ricochet » les évolutions futures des régimes de base.
En complément à ces régimes obligatoires et afin de préserver un meilleur niveau de vie, les français optent de plus en plus à des compléments de retraite où encore ce qui est communément appelé des sur-compléments de retraite. Ainsi, entre des produits d’épargnes retraite collectives ou individuelles, des produits de placement financiers ou encore immobiliers, et ce, aux côtés de la traditionnelle assurance-vie toujours en perpétuelle évolution, le futur retraité doit faire des arbitrages en termes de risques, de rendements et de tranquillité en matière de gestion. En ce sens, l’objectif majeur est d’assurer des revenus réguliers jusqu’au décès ou encore un capital immédiatement disponible à la retraite et qui a l’avantage d’être transmissible aux hériters.
Le cumul emploi et retraite, dont les conditions ont été rendues plus souples selon la réforme 2003, encourageant ainsi les jeunes retraités à poursuivre partiellement une vie active et améliorer ainsi leurs niveaux de vie. En outre, le retour à la vie active des personnes ayant déjà liquidées leurs retraites, permet d’exercer des missions de tutorat et œuvrer ainsi dans le sens de la transmission intergénérationnelle du savoir et du savoir-faire. En parallèle à ce principe de cumul emploi et retraite et selon la logique de la Loi Fillon, la retraite progressive se trouve aussi une solution pour sortir en douce de la vie professionnelle.
Face à cette multiplicité des régimes de droit et de systèmes de retraite sur-complémentaires, il y a lieu aujourd’hui de bien s’y prendre pour préparer sa retraite. En ce sens, les guides pour les futurs retraités ainsi que les applications d’aide au calcul de la retraite ou encore les outils de simulation pour le rachat de trimestres, sont fortement conseillés afin de ne pas avoir de surprises au moment de la liquidation de la retraite. Outre ce souci de valorisation de la pension, bon nombre de futurs retraités français s’orientent vers de retraites à l’étranger. Une option qui peut assurer entre autres une amélioration du niveau de vie mais qui présente aussi plusieurs inconvénients dont notamment l’éloignement géographique.
Une fois la retraite liquidée, d’autres préoccupations viendront meubler le quotidien ainsi que l’avenir du jeune retraité qui se retrouvera en quête d’occupation pour son temps libre. Ce besoin fait actuellement des seniors, jeunes retraités, l’une des populations les plus consommatrices de loisirs et de divertissement. En ce sens, on peu bien citer les activités associatives propices aux rencontres entre retraités mais aussi avec d’autres générations, voyager ou encore les jeux de société.
Bien que le sujet est encore plus vaste et qu’il incitera à des développements futurs, il y a lieu à mentionner en guise de conclusion qu’une fois à la retraite, les personnes notamment âgées doivent faire attention à leurs degrés d’autonomie et ce, par un suivi médical périodique. Une démarche qui favoriserait la prise de bonnes décisions et de bien planifier une intégration à une structure d’hébergement pour les retraités telles qu’une maison de retraite ou encore à une USLD.