Basé sur un plafond de cotisation, le régime général de la sécurité sociale a institué les principes de généralité, universalité ainsi que celui de solidarité nationale. Toutefois, ce régime générale se heurté à la discrimination d’une tranche de la population qui verra son niveau de retraite non corrélé avec sa rémunération pendant sa vie professionnelle. C’est dans ce cadre que sont nés les régimes complémentaires. L’Agirc – crée en 1946 - a été la première caisse de retraite complémentaire. Par la suite des secteurs professionnels se sont organisés progressivement donnant naissance aux institutions de retraite complémentaire des salariés non cadres, à savoir l’Arrco.
C’est n’est qu’en 1972 que le législateur s’est intervenue afin de généraliser les régimes complémentaires pour les salariés du privé – les rendant ainsi obligatoires. En revanche, ce sont les partenaires sociaux – à savoir les organisations patronales et syndicales – signataires des conventions collectives qui sont les seuls habilités à modifier les textes de base. Il y a lieu à noter aussi que le législateur a énoncé tacitement - dans la loi de n° 72-1223 du 29 décembre 1972, portant généralisation des régimes complémentaires, le statut de monopoles en la matière des institutions de retraite complémentaire.
Le droit à une retraite complémentaire est matérialisé par le cumul de points relatifs à des cotisations aux différents régimes complémentaire. Un état annuel de ces points ainsi qu’une valorisation de la pension de retraite complémentaire sont envoyés à tous les bénéficiaires. Par ailleurs et allant dans le même sens que la réforme Fillon visant principalement le système de retraite de base, la cotisation au-delà des 65 ans est devenue possible et donne droit à des points de cotisations supplémentaires.
En ce sens, la réforme Fillon 2003 a demandé aux partenaires sociaux d’engager des négociations afin d’harmoniser les mécanismes propres aux deux régimes, à savoir le régime de base et le régime complémentaire. En outre, le législateur a demandé entre autres aux partenaires sociaux d’adopter le taux plein pour les futurs retraités ayant validé les conditions nécessaires dans le régime de base. Cependant, les engagements des partenaires sociaux au sens de la réforme Fillon ne sont valables qu’au 31 décembre 2008. D’ailleurs, l’année 2008 représente une année charnière pour les régimes complémentaires. Une année qui sera animée par les négociations de partenaires sociaux afin de poursuivre ou non les orientations futures de la réforme Fillon engagée depuis 2003.