Pas la peine d’être un professionnel de la santé pour comprendre le poids et l’impacte psychologique et physique de départ en retraite. Faisant partie des événements les plus marqueurs de la vie, le fait de partir en retraite englobe aussi - et outre - tous les effets y rattachés, des donnes tels que l’âge avancé des personnes et l’image handicapante qu’ait la société de ces seniors « sans rôle » dans la société.
Ces problèmes qui dépassent même l’environnement social des retraités, s’étend aussi à d’autres milieux tels que les structures d’hébergement pour les retraités. Cependant, ces dernières structures d’accueil présente l’avantage d’un suivi rapproché et continue de ces clients retraités généralement sans soutien familiale ou encore en état de dépendance physique et/ou mentale. Notons à ce niveau que les orientations définies par la Convention d'Objectifs et de Gestion 2005/2008 – développée par la CNAV - visent à contribuer au développement d'une gamme de lieux de vie collectifs destinés aux retraités relevant des GIR 5 et 6 socialement fragilisés. Ces orientations se résument autrement par la diversification du type de structures d'accueil susceptibles de bénéficier d'une aide financière, l’extension du périmètre des partenaires éligibles, ainsi que l’attention particulière portée aux projets de vie ou d'animation des structures d'accueil.
Concernant la typologie de ces structures d’hébergement pour les retraités et précisément pour les personnes âgées, elle compte cinq groupes d’établissements, à savoir les logement-foyers, les maisons de retraite rattachées aux hôpitaux, les maisons de retraite autonome, résidences d’hébergement temporaire et enfin les unités de soins de longue durée - USLD. L’ensemble est regroupé sous l’appellation d’Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées – EHPA. Afin de décrire l’état des lieux, nous allons nous référer en partie à l’enquête EHPA 2003, réalisée par la Drees, auprès des gestionnaires d’établissements.
A travers ladite enquête, un des premiers constats est que les résidents sont de plus en plus âgés. En ce sens, les personnes des 75 ans et plus constituaient en 2003 plus de 84% de la population des résidents en établissements contre 79% en 1994. Une évolution directement liée au vieillissement de la population française. Conséquemment, ce sont les maisons de retraite à but lucratif – avec de meilleurs services – qui hébergent le plus des retraités de 75 ans et plus. Notons par ailleurs que l’âge d’entrée en institution a augmenté sur la même période de 1 an et 8 mois en moyenne. Ce recul s’explique par ailleurs par le développement des services à domicile tels que les services de soins infirmiers à domicile, aide ménagère, sécurité et gardiennage de retraité, etc.
En matière de dépendance physique et psychique, l’étude confirme que la clientèle de ces structures d’hébergement pour retraités est de plus en plus dépendante. D’ailleurs, hors les logements-foyers, huit résidents sur dix sont dépendants – au sens AGGIR – alors qu’ils n’étaient que 57% en 1998. Cette perte d’autonomie de plus en plus fréquente est souvent d’origine à la fois physique et psychique. L’explication est encore une fois liée principalement au vieillissement de la population. Corrélativement à tous ces constats, la durée de séjour moyenne en institutions tend à s’allonger s’élevant en moyenne à un peu moins de 3 ans. Cette durée moyenne n’est que de 1 an et 10 mois dans les maisons de retraite privées à but non-lucratif et atteint 5 ans et 8 mois pour les logements-foyers. Un écart qui s’explique principalement par le niveau d’autonomie des résidents.
Pour le reste, le développement des services médicaux et l’assistance à domicile, ouvrent de nouvelles pistes pour la prise en charge des retraités et notamment les personnes âgées en état de dépendance. Parmi ces métiers qui ouvre aussi la voie en matière d’emploi, on peut bien citer l’aide à domicile, l’aide ménagère, l’assistance médicale à domicile – AMD, auxiliaire de vie, l’hospitalisation à domicile – HAD et les services de soins infirmiers à domicile – SSIAD.